La vie, un saut de la foi / Éloge du « F*** it, we’re going live » existentialiste

Bonsoir ou bonjour tous,

Je vous écris douché (très écologique !) par une de ces délicieuses pluies d’été que j’affectionne particulièrement. Lorsque la fraîcheur des crachats contraste avec la pesanteur de l’air et du corps. Lorsque l’esprit est lavé des considérations inutiles. Lorsque nous sommes plongés dans le présent et immergé dans notre vitalité. Bref, beaucoup de “lorsque” tout de même. Promis, je vous épargne un « Moi président … » et autres anaphores. Petite musique d’ailleurs de Lulu Ginsburg pour accompagner cette lecture avec des scènes du film Slogan, un film à l’esthétique léchée que j’apprécie particulièrement. Ça ne vous donne pas envie de boire un cocktail sur une plage d’Asie Tropicale avec un être cher ?

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Sai Kung, un petit coin de paradis …

Cet article me tenait à cœur depuis longtemps : j’ai passé beaucoup de temps et j’en passerai encore plus dans le futur, à vouloir comprendre le monde, ses logiques, nos déterminismes, et finalement l’univers. Après tout, notre accès Netflix qui bug ce soir ou le lapin de la jolie Erasmus qui vous faisait de l’œil a bien peu d’importance au final quand vous pensez au trou noir qui est à des années lumières de nous, aux gens en train de rire dans les bars et à l’air que vous respirez à l’instant même. Le monde continue de tourner en somme.

En tant que grand perfectionniste, et vous l’êtes peut-être, et en tant qu’égocentrique, et vous l’êtes peut-être, je vis selon un code de conduite simple : prendre du plaisir dans l’existence et ne pas gâcher celui d’autrui (en fait, je veux être Rocco Siffredi en fait… Rocco Président !). Je suis pour une philosophie pratique du quotidien, que l’on peut chercher à incarner.

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En fait, c’est là que tout se complique : une amie féministe (big up à toi si tu me lis) me dit souvent que la prise de conscience consiste à retirer des œillères. À s’arracher les paupières je dirais même. C’est la jolie phrase de René Char qui dit : « La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil ». La prise de conscience des systèmes qui régissent notre environnement nous rend plus éclairés, plus tolérants, meilleurs avec les autres. Rappelez-vous ma « ligne de conduite » (c’est drôle quand même un Salomon qui parle de « tables de la loi »…), l’objectif 2 rempli, mission accomplished.

Vraiment ? Même pas en fait, on peut éviter du tort à l’autre mais finalement, la vie ressemble à mon sens plus à un atterrissage d’urgence, à peu près contrôlé qui ressemble plus à Sully qu’au World Trade Center avec un peu de chance. On ne contrôle que son côté de la relation (de quelque nature qu’elle soit). Ensuite, c’est là que la remarque sur l’égocentrisme prend tout son sens. L’égocentrique se voit généralement de deux manières : victime mais aussi bourreau. Le centre du monde peut aussi bien être le meilleur que le pire à ses propres. À mettre en parallèle des narcissiques, grandioses à l’extérieur, vides à l’intérieur, et des autres déficits de ressources internes. Voir la très bonne typologie de Christophe André qui sépare la confiance en soi, la vision de soi et l’estime de soi, pilier interne sur quoi tout repose.

Comment se rassurer ? « Je ne ferai jamais les choses parfaitement, je risque de causer du tort, je ne suis pas prêt ». Bref, toutes ces pensées que le cerveau peut ressasser. La rumination qui s’installe et tourne sur elle-même comme un chat chassant sa queue…

Il est simple je trouve d’avoir le vertige du monde, des logiques en jeu, de son insignifiance au regard du temps et de l’espace. Et finalement, le plus rassurant dans ses moments pour moi, c’est de me rappeler que nous sommes tous médiocres (oui, même toi au fond de la salle). Médiocres, faillibles, en train de chercher à faire de notre mieux avec notre propre réalité subjective. Article intéressant ici d’ailleurs sur les neurosciences et l’umwelt, terme allemand pour désigner la réalité telle que nous la vivons chacun de manière personnelle.

Comme disait le cher Nietzsche « celui qui ne veut parler et agir qu’avec justesse finit par ne rien faire du tout ». Et quand on recherche une philosophie de l’action, que l’on peut incarner, il faut alors se résoudre à être imparfait et à faire de son mieux. Élargir son umwelt le plus possible tout en sachant que cela ne sera jamais suffisant pour tout embrasser. Accepter cela. Trouver un système de pensée, une idéologie, qui au minimum favorise notre bonheur propre, idéalement permet celui des autres.

Nous avons des raccourcis cognitifs nombreux et puissants. Ils nous protègent, nous permettent de traiter rapidement l’immensité des informations qui nous entourent. Cerveau primal. Ce sont eux aussi qui nous amènent au racisme et à d’autres biais pas très Halal. D’où l’intérêt de décortiquer, de déconstruire et de se construire son propre système de pensée, parce que notre cerveau est malléable dans une certaine mesure.

Mais finalement, on revient à l’essentiel : nous n’aurons jamais toutes les informations et pourtant il faut agir, vivre même. Et c’est là que le grand philosophe Bill O’Reilly nous enseigne comment vivre malgré le doute et le manque de préparation.

Belle soirée, j’espère vous avoir inspiré, fait réfléchir et un peu rire aussi tout de même.

Max

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