Sublimation et exégèse du corps

Oyé oyé camarades, je sais ce que vous vous dites en regardant ce titre : kézako !?! De quoi ce bobo-pseudo-intello peut-il bien parler ? Il essaye sans doute de serrer en écrivant des choses pareilles (malheureusement non, ça ne marche clairement pas !) ou il se prend trop la tête (sans doute et c’est le point de ce billet).

Quand la frustration se transforme en repli sur soi et en prétention, pour cacher un ego fragile bien sûr

Alors que je préparais un article à rallonge sur une jolie phrase de d’Ormesson et que je jacassais sur un certain idéal de l’amour, un concept me revint soudain en pleine poire. Bien sûr, à défaut de partager un jour naïvement (et avec un cognac de trop dans le sang) ce texte caché dans une cave, je ne veux priver personne de cette citation d’une élégante simplicité : “ce qu’il y avait de moins inutile sous le soleil, c’était de nous aimer les uns les autres”.

Bref, revenons à nos moutons. Ce concept, c’est celui de la sublimation, une idée fascinante de Nietzsche, développée dans Le Gai Savoir : “Le travestissement inconscients des besoins physiologiques sous les masques de l’objectivité, de l’idée, de la pure intellectualité, est capable de prendre des proportions effarantes – et je me suis demandé assez souvent demandé si, tout compte fait, la philosophie n’aurait pas absolument consisté en une exégèse du corps et un malentendu du corps“.

Boum ! En pleine poire les intellectuels et surtout les intellectuels frustrés. Ce concept de sublimation a été ensuite largement pompé par notre cher Sigmund Freud (Sigi pour les intimes et sa moman). Cependant, il a eu le mérite de développer ce concept en long et en large en bon philosophe névrosé qu’il était. La sublimation serait en fait une évacuation de besoins du corps auxquels nous ne répondons pas, je pense notamment à la sexualité, à l’autre, au sommeil.

Là où je voudrais en venir, et qui explique aussi ma pique gratuite et méchante envers les butthurt fedora dudes, c’est que la réflexion, l’introspection et la création artistique pourraient en larges parties être un moyen détourné de vivre et de répondre à nos besoins non assouvis pour cause d’inadaptation et d’incapacité à vivre la vie réelle. Dès lors, plusieurs questions s’imposent si l’on souscrit à cette vision :

Exit tout d’abord la prétention des pseudo-intellectuels vis-à-vis des masses non-pensantes. Cette aversion envers ceux qui, pour vulgariser à l’extrême, vivent sans se poser de question, démontre en fait beaucoup de jalousie et d’envie en fait. Cette pédanterie est caractéristique du fameux voir la paille dans l’oeil du voisin et ne pas voir la poutre dans le sien.

Cependant, que les choses soient claires entre nous : je ne souscris pas le moins du monde à l’idée que nous ne devrions pas pratiquer l’introspection, lire, apprendre et pratiquer d’autres activités culturelles / intellectuelles. Loin de là ! Je crois fermement au concept du progrès (qui est une idée, à laquelle nous pouvons choisir d’adhérer ou pas), à la sociologie comme sport de combat pour améliorer la condition humaine et nous faire prendre conscience de nos préjugés et nous rapprocher d’une vie plus harmonieuse, juste et pacifiée. Autant faire en sorte que nos séjours sur Terre soient de plus en plus heureux et agréables (NDLR, quand je me relis, je ris !)

Est-ce si compliqué dans le fond ?

Deuxième conclusion à en tirer : la philosophie et l’introspection sont des outils pour mieux vivre et être meilleur (tout un concept et peut-être un futur article d’ailleurs) dans le quotidien. Une position donc, à nouveau, que la philosophie se vis et ne fait pas que se penser. L’introspection devient rumination si l’action n’a pas sa place, dixit les travaux sur la psychologie du bonheur.

Mon espoir au fond : réfléchir mais pas que, et surtout s’abstenir ce dénigrer l’autre pour sa différence ou par jalousie (projection quand tu nous tiens). En somme, préférer le chemin douloureux parfois de l’honnêteté intellectuelle. Oui, ça fait mal, mais ça vaut le coup. Les plus avertis répondront avec raison no shit Sherlock ! 

La bise,

Max

 

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